RENCONTRE • CENTENAIRE DE KAFKA

Kafka et la question J.

de Stéphane Zagdanski

avec Bernard Bloch et Laure Wolf

SAMEDI 30 MARS 2024 DE 16H À 18H

Entrée libre sur réservation via Google form

Cet événement est proposé dans le cadre du centenaire de la mort de Kafka, à l’occasion de la présentation des deux spectacles mis en scène par Régis Hebette, Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris (vendredi 29 mars) et K ou le paradoxe de l’arpenteur (du mercredi 27 au dimanche 31 mars, sauf vendredi).

Kafka et la question J.

« Qu’ai-je de commun avec les Juifs ? C’est à peine si j’ai quelque chose de commun avec moi-même… » Journal, 8 janvier 1914

Lecture mise en espace de Stéphane Zagdanski, suivie d’un dialogue avec la salle, consacrée à la thématique juive dans la vie, l’œuvre, et les rêves de Franz Kafka.

Le thème juif chez Kafka est si crucial, central, fondamental, structural, et en même temps si diffus, périphérique, insituable et impondérable… qu’il n’y a guère qu’à l’impénétrable Château de l’insaisissable comte West-West qu’il puisse être comparé !

Au cours d’une méditation agrémentée d’images, de musiques, et de citations portées par deux comédiens, Stéphane Zagdanski reviendra, concernant Kafka, sur ce que Joyce, qualifiant son mystère à lui, appelait « l’énigme de sa propre position ».

Le judaïsme est ainsi moins un thème chez Kafka qu’une spirale mobile de variations dont le centre est partout et la circonférence nulle part :

Conflit avec son père, en grande partie lié à la religion ; découverte extasiée du théâtre yiddish ; frontalité du choc culturel avec le judaïsme de l’Est ; conférence sur la langue yiddish devant des Juifs praguois interloqués ; initiation aux classiques de la tradition (Torah, Talmud, Kabbale) ; observation en villégiature du légendaire Rabbi de Belz entouré de sa cour ; confrontation à l’antisémitisme rugissant dans l’Empire austro-hongrois au début du XXème siècle ; considération de l’impasse métaphysique propre aux écrivains juifs de langue allemande (Karl Kraus, Max Brod, lui-même…) ; attachement à Jiri Langer, zélote du hassidisme parmi des Praguois scandalisés ; fiançailles contrariées avec Felice Bauer, issue de la vigoureuse bourgeoisie juive de Berlin ; amours anarchiques avec la viennoise Milena Polak, audacieuse non-juive mariée à un Juif admirateur de son amant praguois ;  amours fusionnelles avec  la polonaise Dora Diamant, dont la famille pieuse appartient à la dynastie hassidique du Rabbi de Gour ; rêves d’installation en Palestine aux temps du sionisme naissant ; apprentissage passionné et minutieux de l’hébreu moderne ; textes liés à la condition juive (« Dans notre synagogue », « Chacals et Arabes »….) ; et enfin extermination par les nazis de ses trois sœurs et de presque tous ses proches…

Comme si, de ce bouleversant kaléidoscope de vies juives, n’avait été destinée à surnager, échappée aux cendres et au fracas, que l’œuvre flamboyante de l’éternel Franz Kafka.

À propos de Stéphane Zagdanski

Stéphane Zagdanski est né en 1963 à Paris. Il est l’auteur d’une vingtaine d’essais et de romans parus principalement aux éditions Gallimard, Fayard et Le Seuil.

Il a consacré plus spécifiquement à Kafka :

– Une étude parue en 1989 dans Les Temps Modernes: Signes du Temps, Essai sur la temporalité dans la littérature rabbinique  et dans Le Château de Kafka (reprise dans Fini de rire, Pauvert/Fayard, 2003).

­– Une conférence faite en 2010 à l’université de Montréal, intitulée « Écrire comme forme de la prière», lecture sacrificielle de La colonie pénitentiaire.

Une conférence en 2010 au lycée Marc Chagall de Reims, intitulée Écrire contre le monde, Kafka et le sens du combat.

Enfin le schizophrène qui se prend pour Franz Kafka est un des personnages majeurs de son roman Chaos brûlant paru en 2012 aux Éditions du Seuil.

L’œuvre plastique de Stéphane Zagdanski, intimement associée à l’expérience calligraphique de l’écriture, est représentée par les galeries Éric Dupont à Paris et Modernism à San Francisco.

Actualité

Zagdanski poursuit depuis 2020 un séminaire philosophique, politique et littéraire, intitulé La Gestion Génocidaire du Globe, dont les séances sont publiées régulièrement sur papier et en ligne, disponibles sur son site https://laggg2020.wordpress.com/.

Derniers titres parus :

Heidegger et l’Extermination 

La calamité cybernétique

Le 24 mai 2024, il tiendra à Toulouse une conférence consacrée à L’antisémitisme de Heidegger dans les Cahiers noirs.

En juillet 2024, il est invité sur France-Culture dans l’émission Grande Traversée de Christine Lecerf consacrée à Kafka.

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