5 – 13.06.2026
SPECTACLES & PERFORMANCES
FILMS
CLOSING PARTY
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Pavillon présenté avec les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis


Le Théâtre de la Commune et les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis s’unissent pour ce Pavillon danse placé sous le signe de l’Espagne, avec en figure de proue la papesse de la danse contemporaine et de la performance : La Ribot. Deux de ses œuvres en forment la charpente – Juana ficción et Pièce distinguée N°59, toutes deux nous mènent de la nuit à la lumière. S’ajoute la rencontre Protocole Mathilde qui rend vivants les liens unissant deux personnalités de la danse : Mathilde Monnier et La Ribot.
Enfin, sur ces deux week-ends de juin, sa complicité avec les danseuses et danseurs Juan Loriente, Juan Domínguez, Olga Mesa, Piera Bellato, Luz Arcas et les réalisateurs des films autour de la Palestine invités formeront une ronde fertile ouverte sur des mondes qui résonnent avec l’univers de La Ribot et qui, nous l’espérons, illumineront le vôtre.
SAMEDI 13 JUIN À LA COMMUNE
de 12h à 13h30
Films autour de la Palestine
entrée libre
plateau 2
détail de la programmation
à 14h
Between what is no longer and what is not yet
Juan Domínguez
plateau 2
+ d’infos
de 13h à 16h
Corofobia
Piera Bellato
entrée libre tous les 1/4 d’heure
Annexe dans le parc Stalingrad
+ d’infos
de 15h15 à 18h15
Films autour de la Palestine
entrée libre
à 18h30
Protocole Mathilde
La Ribot, Mathilde Monnier
gratuit sur réservation
+ d’infos
à 20h30
Mariana
Luz Arcas
plateau 1
+ d’infos
à 22h
Pièce distinguée n°59
La Ribot, Juan Loriente
+ d’infos
On dit que « le folklore est le sang de la voix de tout un peuple », et j’y comprends qu’il s’agit d’un peuple sans patrie, sans frontières, sans nationalité.
Comment peut-on expliquer les réalités qui débordent du domaine du dicible ? La tradition est tout ce qui est resté ancré de façon silencieuse et continue dans notre identité ; notre contexte culturel est un héritage façonné par les mains de ceux qui nous l’ont légué, des mains bien connues et sans cesse nouvelles dans le cours de l’histoire.
Comme le fait remarquer Miguel de Unamuno, « cette vie intrahistorique, silencieuse et continue comme les fonds marins, est la substance même du progrès, la vraie tradition, la tradition éternelle ». La tradition folklorique ne se limite donc pas à ses formes visibles – les us et coutumes, les rituels –, mais concerne aussi tout ce qui fonde et donne du sens à ces formes. Le traditionnel émerge de tout ce qui est latent : la matière silencieuse, continue et profondément humaine qui est le fondement de la mémoire collective.
Et c’est là où se trouve l’art : dans le cri qui émerge de la peur et qui cherche à rendre présentes la douleur et la souffrance des peuples. Le butoh naît suite à l’incommensurable douleur qu’ont provoqué les bombes nucléaires au Japon. La plainte (quejío) du peuple gitan, historiquement mis au ban, discriminé, naît d’une douleur constante infligée depuis des siècles, et qui la rend donc universelle. Il en est de même dans les images du peuple palestinien, qui rugit depuis plus d’un siècle et qui, depuis ces trois dernières années de génocide, crie plus fort que jamais. Une douleur qui s’étend partout dans le monde et qui s’incarne dans les différents films choisis: Mustafa Abu Ali, David Osit, Groupe Cinéma Vincennes, Juliano Mer-Khamis, Hany Abu-Assad, Andy Trimlett et Ahlam Muhtaseb.
Dans ce peuple, Pavillon Ribot, il y a des gestes constitutifs de mon contexte et, par conséquent, de mon identité.
Cette programmation est mon folklore : des artistes qui représentent le monde, qui l’inventent et le pressent avec leurs mains ; des artistes qui regardent et crient ce monde, et dont le sens ne se trouve pas dans quelque chose de fixe et de clos qui pourrait être utilisé de façon patriotique, unilatérale et intransigeante.
Ce qui est présenté ici est une tradition en mutation, en devenir, et qui se laisse traverser par le temps : elle est dans Mariana de Luz Arcas, qui incarne toutes les voix de ce Pavillon ; la voix de Olga qui écoute sa mère poétesse ; le prénom de Juan proféré avec toutes ses lettres en mouvement ; les pleurs de Monnier dans Gustavia ; les pensées du maire de Ramallah; la musique qu’écoutait Jeanne Ière de Castille à Tordesillas; les voix du jeune suicidaire à Jérusalem; la douleur de cet homme palestinien qui, à 85 ans, dans un camp de réfugiés, garde la clef de sa maison dans une poche de sa djellaba depuis 1948 ; la mélodie improvisée des oiseaux au crépuscule et les cris pasiegos de Loriente dans sa fiction sur Juana ; la tarentelle des nuits de Piera, le feu et le bois qui crépitent, les mains d’Asier ; le noir et blanc des images de Mustafa Abu Ali, douloureuses comme le Guernica, ou comme la diaspora que l’on porte en soi.
Car ce qui est traditionnel c’est parler de la peur, et la forme… la forme est ce qu’il y a de plus transitoire.
La Ribot, avril 2026.
Se dice que «el folclore es la sangre de la voz de todo un pueblo», y entiendo que se trata de un pueblo sin patria, sin fronteras, sin nacionalidad.
¿Cómo se pueden explicar aquellas realidades que desbordan lo decible? La tradición es aquello que ha permanecido siempre de forma silenciosa y continuada en nuestra identidad; nuestro contexto cultural es un legado alterado por las manos de quienes nos lo transmitieron, manos conocidas y siempre nuevas en el curso de la historia.
Como señala Miguel de Unamuno, «esa vida intrahistórica, silenciosa y continua como el fondo mismo del mar, es la sustancia del progreso, la verdadera tradición, la tradición eterna». La tradición folclórica no reside, por tanto, únicamente en sus formas visibles —los usos, las costumbres, los rituales—, sino en aquello que las sostiene y les otorga sentido. Lo tradicional surge de aquello que permanece debajo: la materia silenciosa, continua y profundamente humana que sostiene la memoria colectiva.
Y es ahí donde se encuentra el arte: en el grito que surge del miedo como forma de hacer presente el dolor y el sufrimiento de los pueblos; la danza butoh que nace tras el inmenso dolor de las bombas nucleares en Japón, el quejío del pueblo gitano, históricamente apartado, discriminado, un dolor continuo a lo largo de los siglos y, por tanto, universal. Así también, en las imágenes del pueblo palestino, que ruge desde hace más de un siglo y, en estos tres años de genocidio, más fuerte que nunca: un dolor que se extiende por el mundo y se encarna en estas películas elegidas: Mustafa Abu Ali, David Osit, Groupe Cinéma Vincennes, Juliano Mer-Khamis, Hany Abu-Assad, Andy Trimlett y Ahlam Muhtaseb.
En este pueblo, Pavillon Ribot, hay gestos constitutivos de mi contexto y, por tanto, de mi identidad.
Esta programación es mi folclore: artistas que representan el mundo, que lo inventan o que lo exprimen con sus manos; artistas que lo miran y lo gritan, y cuyo sentido no se encuentra en algo fijo y cerrado que pudiera utilizarse de forma patriótica, unilateral e intransigente.
Lo que aquí se presenta es una tradición que muta, deviene y se deja atravesar por el tiempo: la Mariana de Luz Arcas, que encarna todas las voces de este Pavillon. La voz de Olga escuchando a su madre poeta; el nombre de Juan dicho con todas las letras en movimiento; los llantos de Monnier en Gustavia; el pensamiento del alcalde de Ramala; la música que oía Juana I de Castilla en Tordesillas; las voces del chico suicida en Jerusalén; el dolor del palestino de 85 años, refugiado en un campamento, con la llave de su casa guardada en la chilaba desde 1948; la improvisada melodía de los pájaros al anochecer y los gritos pasiegos de Loriente en su ficción de Juana; la tarantela de las noches de Piera, el fuego y la madera sonando, las manos de Asier; el blanco y negro de las imágenes de Mustafa Abu Ali, dolorosas como el Guernica, o la diáspora que se lleva dentro.
Porque lo tradicional es hablar del miedo, y la forma… la forma es lo más transitorio que hay.
La Ribot Abril 2026
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