04.12 – 10.12.2026
Vendredi 4, lundi 7, mardi 8, mercredi 9, jeudi 10 décembre à 19h
Samedi 5 décembre à 16h
Durée : 3h30 avec entracte
Tout public
04.12 – 10.12.2026
Vendredi 4, lundi 7, mardi 8, mercredi 9, jeudi 10 décembre à 19h
Samedi 5 décembre à 16h
Durée : 3h30 avec entracte
Tout public
PLATEAU 2

Le deuil sied à Électre est une réécriture moderne du mythe des Atrides : Agamemnon, Clytemnestre, Électre, Oreste. Eugene O’Neill déplace le mythe dans l’Amérique puritaine après la guerre de Sécession. Il remplace la mythologie grecque par la psychologie. Les dieux sont absents mais leurs ombres – la haine, la culpabilité, le destin – hantent toujours les lieux.
Écrite en 1931, transposée de l’Orestie d’Eschyle, la pièce se passe dans la maison familiale qui enferme petit à petit Électre dans la culpabilité et le silence. L’intrigue reste inchangée : Électre devenue Lavinia Mannon, fille d’un général, découvre que sa mère trompe son père et demande à son frère Orin (Oreste) de le venger. Les quatre personnages, interprétés par les quatre complices de toujours du metteur en scène (Virginie Colemyn, Julian Eggerick, Barbara Jung et Grégoire Monsaingeon), incarnent l’inconscient de la fatalité. Chez O’Neill, la psychologie a remplacé les dieux. Aimant jouer sur l’adresse et la mise en abyme de la représentation, Gwenaël Morin fait intervenir un cinquième comédien dans le rôle du narrateur, permettant à l’intrigue de respirer avec le temps présent.
de Eugene O’Neill
Traduction Louis-Charles Sirjacq
Avec Fabien Aïssa Busetta, Virginie Colemyn, Kaddy Dufy, Julian Eggerick, Barbara Jung, Grégoire Monsaingeon
Adaptation, mise en scène et scénographie Gwenaël Morin
Assistant à la mise en scène Canelle Breymayer
Lumières Philippe Gladieux
Régie générale Loïc Even
Direction de production, tournées
EPOC productions Emmanuelle Ossena, Charlotte Pesle Beal
Production Compagnie Gwenaël Morin / Théâtre Permanent
co-production Festival d’Avignon, Bonlieu Scène Nationale d’Annecy, TNBA Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine, Les Célestins-Théâtre de Lyon, Centre Dramatique National de Tours-Théâtre Olympia, La Commune-CDN d’Aubervilliers, Théâtre du Bois de l’Aulne-Aix en Provence, La Commune – Centre dramatique national
avec le soutien de La Ménagerie de Verre, Paris
La compagnie Gwenaël Morin / Théâtre Permanent est conventionnée par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes
Après une formation d’architecte au cours de laquelle il pratique le théâtre en amateur, Gwenaël Morin devient en 1996 assistant de Michel Raskine et réalise en parallèle ses premiers spectacles : Fin août, Pareil pas pareil, Stéréo, Théâtre normal, … À partir de 2004, il travaille régulièrement avec le plasticien Thomas Hirschhorn, pour qui il mettra en scène notamment une adaptation du Guillaume Tell de Schiller. En 2009, en résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers, il fonde le Théâtre Permanent, basé sur trois principes : jouer, répéter et transmettre au quotidien. Il monte plusieurs chefs-d’œuvre du grand répertoire : Lorenzaccio, Tartuffe, Bérénice, Hamlet, Antigone, Woyzeck. En 2012, il crée Antiteatre au Théâtre de la Bastille à Paris, un ensemble de plusieurs pièces du répertoire de Rainer Werner Fassbinder. De 2013 à 2018, il dirige le Théâtre du Point du Jour à Lyon, où il poursuit l’expérience du Théâtre Permanent en y associant d’autres artistes : Philippe Quesne, Nathalie Béasse, Yves-Noël Genod, Philippe Vincent, le collectif X… Il y crée notamment Les Molières de Vitez, Les Tragédies de Juillet, Re-Paradise, Macbeth et Othello, Georges Dandin, Hernani, plusieurs versions d’Andromaque… En 2019, artiste associé au Théâtre Nanterre-Amandiers, il crée Le Théâtre et son double à partir de l’œuvre d’Antonin Artaud. En 2020, il monte Andromaque à l’infini, présenté lors d’une semaine d’Arts en Avignon. En 2021, il présente au Festival d’Automne à Paris le programme Une ou plusieurs tragédies, trois tragédies de Sophocle : Ajax, Antigone et La Mort d’Héraklès. En 2023, il initie, à l’invitation de Tiago Rodrigues, Démonter les remparts pour finir le pont, un programme sur quatre ans avec le Festival d’Avignon, qu’il inaugure par Le Songe d’après Shakespeare (2023). Viennent ensuite Quichotte d’après Cervantes (2024), puis Les Perses d’après Eschyle (2025). Il est artiste associé de Bonlieu Scène nationale d’Annecy et du TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine.
Eugene O’Neill (1888-1953) est un dramaturge américain, considéré comme l’un des plus grands auteurs du théâtre du XXᵉ siècle. Né à New York dans une famille d’acteurs irlandais, il grandit entre les tournées théâtrales de son père et les troubles familiaux. Ces expériences marqueront profondément son œuvre. Après des études interrompues et des années de vagabondage en mer, il commence à écrire des pièces influencées par le réalisme et le symbolisme européens. Ses premiers succès, tels que Beyond the Horizon (1920) et Anna Christie (1921), lui valent rapidement une reconnaissance à travers tous les États-Unis. O’Neill explore des thèmes sombres : la solitude, l’échec, la culpabilité et la quête de sens. Son style novateur mêle introspection psychologique et tragédie moderne. Parmi ses œuvres majeures figurent The Emperor Jones, Mourning Becomes Electra et Long Day’s Journey into Night, pièce autobiographique publiée après sa mort. Lauréat de quatre prix Pulitzer et du prix Nobel de littérature (1936), O’Neill a profondément transformé le théâtre américain en y introduisant une profondeur humaine et tragique jusque-là rare.