séminaire de dramaturgie

À quoi sert la fable?

par Théo Cazau

un lundi par mois de 19h30 à 22h30

entrée libre sur inscription → e.weiss@lacommune-aubervilliers.fr

© The LIFE Images Collection

Créé en 2017 par le metteur en scène et artiste associé, Eddy D’aranjo, et repris la saison dernière par l’actrice, autrice et metteuse en scène, Daphné Biiga Nwanak, le séminaire de dramaturgie du Théâtre de la Commune prend l’allure d’un examen, collectif, de différentes problématiques rattachées à la création contemporaine, comme la question de la réception ou celle des émotions et de leur ancrage historique et politique. En s’appuyant également sur six spectacles joués à la Commune, l’enjeu est de donner aux jeunes acteurs et actrices, mais pas que (les séminaires sont gratuits et ouverts à tous), un certain nombre d’outils pour réfléchir sur les différentes formes du théâtre contemporain.

Il s’agira la saison prochaine de prendre pour point de départ la question de l’histoire, et plus spécifiquement, celle de son utilité. Étant moi-même auteur et dramaturge, ma manière d’entrer dans les spectacles porte très souvent sur ce que Bertolt Brecht appelle la fable, qu’il définit comme une suture entre la logique de la réalité représentée et la narration spécifique du fabulateur, la trace de son regard critique sur ladite réalité. Quand le dramaturge allemand se trouvait face à une nouvelle idée, avant de la comprendre ou de la partager, il se posait toujours la question, « à quoi sert-elle ? » ; comme une manière de se rappeler qu’une idée ne naissait jamais de rien, n’était jamais innocente, et qu’elle possédait toujours, en elle, une direction ; une manière de ne jamais dissocier l’idée de son « idéologie », c’est-à-dire de son discours, de sa mise en pratique réelle. Le point de départ que je prendrai pour le séminaire de la saison prochaine adaptera cette question de l’utilité, en la posant cette fois-ci à propos de la fable. De la même façon que pour l’idée et son idéologie, aucune histoire n’est innocente, politiquement vierge, ou ne servirait comme on nous le dit souvent, qu’à nous faire rire ou à nous faire pleurer. Au contraire, toute histoire défend une vision du monde, consolide des valeurs et déploie un discours sur ce que nous devrions faire ou espérer ; d’où la nécessité, devant elle, peu importe le medium utilisé, de lui demander, inlassablement, avant de la laisser entrer dans nos têtes : « à quoi sers-tu ? », « que nous permets-tu de faire et d’espérer ? ».

Le séminaire sera composé de six séances associées à six spectacles présents dans la saison de La Commune qu’il faudra donc avoir préalablement vus. Chaque séance sera divisée en deux temps : un temps consacré à l’examen d’un point théorique, en lien avec le spectacle étudié et sa fable, et un autre, dévolu à la pratique collective de l’écriture par l’exploration d’un outil spécifique, sans doute emprunté à l’écriture scénaristique.

 

Première séance : lundi 18 octobre

_jeanne_dark_ de Marion Siéfert, du 13 au 17 octobre 2021

 

Deuxième séance : lundi 29 novembre

BANDES d’Animal Architecte, du 17 au 21 novembre 2021

 

Troisième séance : lundi 24 janvier

Théories et Pratiques du jeu d’acteur.rice (1428-2021). Une bibliothèque vivante pur l’art de l’acteur.rice de Maxime Kurvers, 12 et 13 janvier 2022

 

Quatrième séance : lundi 21 mars

Je voudrais vous parler du théâtre quand il se soulève vers lui-même de Marie-José Malis, du 2 au 17 février 2022

 

Cinquième séance : lundi 18 avril

Après Jean-Luc Godard – je me laisse envahir par le Vietnam d’Eddy D’aranjo, du 10 au 20 mars 2022

 

Sixième séance : lundi 2 mai

Danses pour une actrice (Valérie Dréville) de Jérôme Bel, du 15 au 22 avril 2022

Théo Cazau

Ancien élève du département de dramaturgie de l’École Normale Supérieure de Lyon, Théo Cazau est auteur de pièces de théâtre, exclusivement créées par le Groupe T, compagnie de théâtre qu’il codirige avec la metteuse en scène Juliane Lachaut et le plasticien Antonin Fassio. Influencé par la science-fiction et sa formation de scénariste, il développe dans son écriture des univers complexes, denses et décalés que des histoires viennent ensuite ébranler.

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