"The small room" exposition

mise en scène par Askleipion, Grèce, 2018
23 Mars au 25 Mars 2018
vendredi de 16h à 23h, samedi de 13h à 23h, dimanche de 15h à19h
The small room
The small room
The small room
The small room

Idomeni, village de 150 habitants à la frontière entre la Grèce et l’Ancienne république Yougoslave de Macédoine (l’ARYM), devient entre 2014 et 2016 symbole de l’Europe forteresse. Près d’1 million de réfugiés passent par les champs perdus au milieu de nulle part.

A l’hiver 2014, Vasilis Tsartsanis, citoyen ordinaire d’un village voisin, voit les familles épuisées qui traversent au loin un chemin perdu, dorment dans le froid mordant des forêts du nord. Il mobilise. D’abord les gens de son village. Qui préparent à manger, distribuent eau, vêtements chauds, couches pour les enfants, médicaments contre les bronchites et pneumonies qui déciment. Puis il alerte. Les autorités grecques. Européennes. Silence, indifférence, cynisme. Les médias, qui montrent la jungle où règne la violence des mafias de passeurs. Bientôt MSF installe un camp qui hébergera dans des tentes à même la boue jusqu’à 15 000 personnes. Une véritable ville, de violences, de trafics en tous genres… humains avant tout, dont les femmes -comme toujours sur la route de l’exil- sont les premières victimes.

Vasilis agit et raconte inlassablement ce qu’il voit. Il devient activiste. Lorsqu’en février 2016 l’ARYM construit une barrière barbelée et ferme ses frontières, le camp d’Idomeni rassemble 20 000 personnes. L’Europe négocie avec Ankara contre de l’argent, la promesse de retenir en Turquie ces âmes bousculées. En quatre mois Idomeni se résorbe et les réfugiés bloqués par les barbelés sont répartis dans des camps provisoires, souvent d’anciennes usines abandonnées, à travers toute la Grèce. On oublie Idomeni. L’Europe a échoué, préférant les murs à l’accueil, repoussant de l’autre côté de la Méditerranée les réfugiés qui fuient les guerres de Syrie, du Soudan ou d’Afghanistan.

Alors Vasilis part sur les traces de ces milliers de personnes jusqu’en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas ou en Suède. Avec elles, pour elles, naît le désir de transcender l’expérience tragique en montrant à travers des sons, photographies, peintures, films, comment Idomeni est devenue espace clos -Small Room. Pendant des mois il sillonne l’Europe, enregistre des témoignages, recueille des photos, des vidéos de route, aide les artistes syriens à créer. Et avec une dizaine d’exilés nait cette exposition hors norme qui vise à « donner du pouvoir [aux réfugiés] sur leur vie et leur exil ».

Vasilis Tstartsanis incarne l’engagement, qui là où il agit, change la réalité. « Small Room » fait le tour de l’Europe, de la Serbie à l’Autriche, jusqu’à La Commune à Aubervilliers où résonnent aussi, espoir, nécessité d’hospitalité et désir d’un autre chose. L’exposition y est visible du 23 au 25 mars. Le samedi 24 mars à 14h, est organisée une rencontre avec Vasilis Tsartsanis et de jeunes réfugiés.

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Rencontres

24 Mars 2018
à 14 heures
avec Vasilis Tsartsanis, de jeunes réfugiés, artistes ou non, passés par Idomeni, des membres de l’École des Actes à Aubervilliers animée par Adéa Guillot journaliste au Monde et pour Arte. La rencontre sera précédée d’une projection à 13h30.

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Vidéo Teaser "The small room" exposition
Teaser "The small room" exposition
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